Tout CORSAIRE qui va
appareiller va chercher au CONSULAT
de FRANCE des pièces destinées à
assurer, tant à son NAVIRE qu'aux PRISES
qu'il pouvait faire, la protection des
bâtiments de guerre français qu'il pouvait rencontrer
en mer :
- Pour le CORSAIRE ALGÉRIEN , un certificat de nationalité ainsi établi :
"Nous, ........ CONSUL GÉNÉRAL de FRANCE, chargé
d'affaires de S.M.T.C.
en cette ville et royaume d'ALGER,
certifions et attestons à qui il appartiendra
que le ...... commandé par ........ , armé
........ étant de présent au port d'ALGER,
porteur des présentes appartint à cette RÉGENCE.
Prions et requérons tous officiers commandant
des vaisseaux du ROI,
de lui donner tous les secours dont il pourrait
avoir besoin. En foi de quoi nous avons signé le
présent certificat revêtu du sceau accoutumé,
et contresigné par le sieur .........,
chancelier de ce CONSULAT GÉNÉRAL d'ALGER,
le.......
- Pour les PRISES, des passavants, presque toujours
au nombre de deux, et rédigés comme il suit : "
Nous ...... CONSUL GÉNÉRAL de FRANCE,
chargé d'affaires de S.M.T.C.
en cette ville et royaume d'ALGER,
certifions à qui il appartiendra avoir délivré
à ...., commandant le ........., armé de
........ , appartenant à cette RÉGENCE d'ALGER,
le présent certificat, pour servir de congé et
de passavant aux prises qu'il pourra faire. En
foi de quoi nous avons signé, fait contresigner
par le chancelier de ce CONSULAT GÉNÉRAL
d'ALGER
, et scellé du sceau accoutumé d'icelui. à ALGER,
le .........
- D'autre part le CHANCELIER
remettait au RAÏS un
exemplaire imprimé en blanc, des passeports
délivrés dans les ports de FRANCE à
nos navires marchands.
- La remise de cette formule imprimée - ou modèle
de congé - avait pour but de donner aux CORSAIRES
les moyens de constater l'identité des
bâtiments arrêtés par eux, qui se
prétendaient FRANÇAIS.
On confrontait les deux passeports, mais comme
les Algériens étaient d'une ignorance crasse en
toutes choses, la lecture n'entrait pour rien
dans cet examen. On mesurait les deux pièces.
Les CORSAIRES
comptaient les lignes imprimées, comparaient les
bordures, plaçaient les passeports l'un sur
l'autre et vérifiaient minutieusement si ils
s'ajustaient parfaitement.
- Plusieurs de nos navires ont été pillés,
amarinés, traités en ennemis - y compris
l'esclavage de l'équipage, avec insulte, coups
et bastonnades - parce que l'un des parchemins
dépassait l'autre de quelques lignes, les marges
n'ayant pas été ménagées avec une exactitude
rigoureuse.
- Malgré les vexations intolérables qu'une
manière de procéder aussi défectueuse créait
à notre marine marchande, les autorités de
l'Ouest de la FRANCE
se servaient d'une formule différente que les ALGÉRIENS
considéraient comme nulle, ne la connaissant
pas. Une incurie aussi forte est à peine
croyable mais il en existe de nombreuses preuves dans les archives. Les bâtiments des
ports de l' OCÉAN et
de la MANCHE
étaient toujours traités en ennemis par les ALGÉRIENS,
-à cause de leurs passeports - causaient de
grands ennuis à notre CONSUL
et amenaient souvent de graves complications dans
nos relations avec la RÉGENCE.
- La délivrance des expéditions françaises aux CORSAIRES,
était enregistré dans des cahiers ad hoc.
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